Les perspectives du marché du bois en 2024 révèlent un paysage complexe et incertain. L’économie mondiale continue de naviguer dans des eaux agitées, ce qui impacte considérablement divers secteurs, notamment celui de la construction, premier consommateur de bois. Les taux d’intérêt mondiaux élevés continuent d’exercer une pression sur de nombreuses industries à l’échelle mondiale, influençant ainsi le marché du bois à plusieurs niveaux.
Les signes positifs sont minces, voire mitigés. Les indices PMI en Allemagne et aux États-Unis ont connu une légère hausse après plusieurs mois de stagnation, offrant une lueur d’espoir temporaire. Cependant, d’autres indicateurs de marché demeurent soit stagnants, voire négatifs. Cette dynamique fragile témoigne des défis persistants auxquels est confronté le secteur du bois.
Les scieries scandinaves semblent anticiper des mois à venir plus prometteurs, avec des signes de demande croissante en Suède et une réticence à baisser les prix du bois scié en Finlande, envisageant des opportunités sur le marché chinois. Toutefois, des entreprises majeures telles que Stora Enso ou West Fraser rapportent des résultats négatifs pour leurs produits du bois, illustrant une tendance à la baisse de la demande et des prix, limitant ainsi leur marge de manœuvre dans les négociations tarifaires.
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Les hausses de prix des grumes, annoncées en octobre, indiquent une forte demande industrielle et une constitution de stocks pour faire face à la saison hivernale. Malgré quelques signes de stabilité voire de légère hausse des prix sur le marché, les fabricants d’emballages en bois et de produits de jardinage rivalisent pour maintenir des prix bas, entraînant des réductions de prix pour les produits finis. Cette tendance affecte sérieusement les marges des fabricants, déjà sous pression depuis plusieurs mois.
La situation est d’autant plus complexe avec la tentation pour certains producteurs d’Europe de l’Est de recourir à des importations illégales de bois de Russie et de Biélorussie via des pays tels que le Kazakhstan et le Kirghizistan, violant les normes européennes.
Dans cette perspective, les scieries, confrontées à des bénéfices négatifs, réduisent déjà leur production, leurs équipes et leurs stocks. Ce choix représente un risque potentiel pour l’approvisionnement en bois à des prix compétitifs si la demande venait à augmenter.
Envisager une hausse des prix du bois pour le premier trimestre 2024 semble être le scénario le plus probable, bien que cela soit difficile à réaliser dans un contexte de marché aussi contraignant. Les fabricants de produits en bois se trouvent pris entre la nécessité des scieries d’augmenter les prix pour maintenir leur rentabilité et la pression des clients pour des baisses tarifaires. Cette tension compromet sérieusement les marges des fabricants et pose des défis majeurs pour la survie à long terme de certains acteurs du marché.