Depuis novembre 2025, les prix du bois en Suède connaissent une nette baisse. L’association Mellanskog, regroupant les propriétaires forestiers du centre du pays, a revu à la baisse les tarifs des grumes, du bois de pâte et du bois énergie. Cette décision reflète un contexte économique difficile, marqué par un ralentissement de la construction et une accumulation des stocks. Le marché du bois suédois, pourtant essentiel à l’échelle européenne, s’ajuste à la baisse face à une demande en repli.
Un marché forestier sous pression en Suède
La baisse actuelle des prix découle d’une série de facteurs conjoncturels. Le secteur de la construction enregistre un net ralentissement, réduisant fortement la demande en bois d’œuvre, notamment résineux. Parallèlement, les scieries suédoises font face à une rentabilité dégradée, les poussant à revoir leurs approvisionnements.
Déjà en septembre, Mellanskog avait réduit ses tarifs. La baisse annoncée en novembre confirme cette tendance : elle concerne à la fois les grumes (pin, épicéa), le bois de pâte et le bois énergie. Cette dynamique pèse sur l’ensemble de la filière, des exploitants forestiers aux transformateurs industriels.
Grumes de pin et d’épicéa : des prix en net repli
La nouvelle grille tarifaire, effective depuis le 19 novembre 2025, affiche les évolutions suivantes :
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Grumes d’épicéa : baisse de 50 couronnes/m³ (environ 4,5 €)
→ Nouveau prix : 645 à 1 195 couronnes/m³ (58 à 108 €), selon région et qualité. -
Grumes de pin : baisse de 80 couronnes/m³ (environ 7,3 €)
→ Nouveau prix : 645 à 1 045 couronnes/m³ (58 à 95 €). -
Bois de pâte : -50 couronnes/m³ → prix entre 460 et 560 couronnes/m³ (42 à 51 €).
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Bois énergie : -40 couronnes/m³ (environ 3,6 €).
Ces baisses reflètent une adaptation des prix au surplus de l’offre et à la demande stagnante. Le marché cherche ainsi un nouvel équilibre pour limiter la constitution de stocks excédentaires.
Conséquences pour la filière bois européenne
La baisse des prix suédois impacte l’ensemble de la chaîne de valeur bois en Europe. En tant que producteur majeur, la Suède influence les prix à l’export et les marges des scieries partenaires, notamment en Allemagne, en France et dans les pays baltes.
À court terme, cette situation pourrait entraîner une pression concurrentielle accrue sur les producteurs des autres pays européens. Pour les transformateurs, c’est une opportunité d’approvisionnement à moindre coût, à condition que la qualité et les délais soient assurés.
Vers une stabilisation à moyen terme ?
Si la baisse actuelle semble conjoncturelle, certains observateurs anticipent un réajustement progressif dès 2026. Cela dépendra de la reprise du secteur de la construction, mais aussi de la gestion des stocks de bois de pâte et bois énergie, actuellement en excès.